Train de vie !

Seul le temps alimente nos tourments,
Il déroule ses jours,
Toujours un lendemain
Des cheveux déjà blancs
Comme d’autres cicatrices offertes par le temps
Ou la neige déposée par l’hiver ;
Et tous ces souvenirs
Histoires de toute une vie.
Le grenier de nos vérités
Amoncelle ses réserves
Le cahier de notre histoire
Se fane, comme la fleur.
Bientôt herbes sèchent,
Finie la verte prairie.
C’est un peu le début de l’oubli.
Le temps repose
Le temps dispose.

G.B.

Désir d’oubli.

Désir d’oubli, l’ombre s’estompe,
Pensées vagabondes, qui s’agitent
.Le temps pourtant souffle ses braises,
Le vent de nos tempêtes
Emporte les parfums de notre histoire.
Ton image hypnotise mes rêves.
Ton absence comme ironique présence.
Toi cet astre qui brillait dans ma vie.
Etoile filante, ou simple nébuleuse ;
Tu m’as jeté néant, comme au fond de ce puits.
Perdu dans cet univers frileux,
Happé par ton vide, comme désert de vie.
Figé l’amour, pour toujours disparue,
Et sans toi obscure complot
Je me rejoue sans cesse
Cette scène, atroce punition,
Dans les profondeurs de la vie
Ton manque, comme une blessure,
Le temps cicatrise la privation
Notre passé habite mon présent.
Ton miroir désormais sans visage
Tu étais histoires, comme un grand livre,
Tirée juste pour moi, fatale obsession.
Et toutes tes pages, comme pour jamais écrites
Jauniront sur les étagères de ma mémoire.
Tu avais voulu y poser le mot fin.

G.B.

A Danièle.

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Tu m’as aimé, et l’as avoué l’espace d’une soirée,

Tu avais bu, je ne peux l’ignorer, mais ça ne peut tout expliquer.

Et ta sincérité pourquoi te la reprocher.

Ivre tu as glissé, comme le bateau tu t’es laissé emporter

Par le flot de tes tumultueuses pensées.

Ce reproche de n’avoir pas craqué ;

Mais tu étais tempête et j’aurais pu flancher.

Pourtant j’étais trop bien arrimé,

Je t’avais peut-être trop pratiqué.

J’aurais été ta bouée pour un soir,

Tu sais, ce quelque chose auquel tu cherches à t’accrocher,

Ou ce phare a la fois mirador et point de mire.

Tu dis non, tu refuses et puis rejettes tout.

Tu balances sur la houle et, marine préfères grise mine.

Tu sais pourtant être brillante, miroiter sous la lune,

Rêver à l’assaut de fugitives dunes,

Allumer tes feux de détresse, et malheur à qui peut les capter.

A moins que de toi-même tu ailles à l’abordage

Précipitant tes victimes sur des récifs, dans un abîme insondable.

Marée lunatique qui brise ses flots,

Rocs coraux rocs, rien n arrêtes ton éternel balancement.

Tu tourbillonnes rageuse et repars, alanguie

Ou tu roules inonder quelques landes arides

Brutale tu nous suffoques, ou câline à nos pieds

Sans cesse  recommence une nouvelle virée.

Et si petit bouchon tu fais mine de couler,

Tu repars, ballottée, Si l’on rêve de te voir happée,

tu resurgis toujours, bien balancée.

Alors on fuit, car on vacille, vertige ;

Pourtant si hypnotisé on s’entête

Nos yeux se brouillent, on croit que tout s’arrête.

Et si simple curieux on espère ce moment

Qui te fera chavirer, et te verras enfin noyée.

Tu es mer et vagues, et moi poisson ;

Et si des fois tu me submerges,

N’oublie pas que je suis dans mon élément comme toi,

Tu es ce qui me fait vivre, je justifie ton état, on ne peut y échapper.

Alors écoutes moi gober tes tourments et puis m’en contenter.

N’ai aucune colère, ni trouble, gardes ta fraîcheur, ta transparence,

Continue à nourrir ce plancton qui te permet de te régénérer ;

Et ne t’inquiètes pas pour ces rochers puisque tu les rendras sables.

 

Paris le 18 février 1986.

A Danielle,  mon amour

Une vie de chien.

parc13-11-2008-002C’est dur une vie de chien.

Je t’avais rencontré, tu as rempli ma vie.

Tu m’as donné, aimé, suivi.

Tu ne demandais rien, simplement être à mes côtés.

Compagnon sans reproche,

Aujourd’hui je t’ai aidé à partir.

Tu laisses un vide immense,

C’est dur, et court une vie de chien.

Reposes en paix mon Vicky.

G.B.